Comprendre son encombrement numérique

Aujourd’hui, l’encombrement nous concerne dans toutes nos sphères de vie et dans tous les types d’accumulation : physique, administratif et numérique.

Des chercheurs se sont intéressés à cet amassement numérique et à notre réticence à se débarrasser de celui-ci au bureau comme à la maison, ainsi qu’à la génération du stress qui en découle.

 

Vous allez découvrir deux études relatées par BBC sur son site owdin.live, puis repris dans un article sur developpez.com, pour comprendre le phénomène d’accumulation et évaluer votre degrés de thésaurisation numérique, donc de stress.

 

  • Comprendre :

Un groupe de recherche de l'Université Northumbria, dirigé par Nick Neave, a réalisé cette étude intitulée « thésaurisation numérique », en d’autres termes c’est l’étude de l’impact de « l'accumulation de fichiers numériques jusqu'à la perte de perspective, qui finit par entraîner stress et désorganisation ». Les chercheurs pensaient qu’il pouvait s'agir d'un nouveau sous-type de trouble, néanmoins distinct, du trouble obsessionnel compulsif.
Ce terme « thésaurisation numérique » avait été utilisé pour la première fois en 2015, dans un article sur un homme néerlandais, qui avaient été un accumulateur physique, puis numérique. Ces nouvelles habitudes consistaient à prendre plusieurs milliers de photos numériques chaque jour, les traiter, sans jamais les sauvegarder ou les exploiter.
La conservation été motivée uniquement par son intime conviction qu’elles seraient utiles un jour…

Nick Neave et les chercheurs ont travaillé de la façon suivante :

  1. 45 personnes ont été interrogées sur leur façon de traiter les courriels, les photos et autres fichiers numériques. Les raison de leur accumulation sont la paresse ou l’angoisse à l’idée de se séparer de quelque chose qui pourrait être utile un jour.
  2. A partir de ces premiers résultats, les chercheurs ont élaboré un questionnaire afin d’évaluer le comportement de thésaurisation numérique dans le milieu du travail auprès d’un public plus large.
  3. Deuxième échantillon, composé cette fois de 203 personnes qui utilisent des ordinateurs dans le cadre de leur travail. Les résultats recueillis montrent que le courrier électronique semble poser un problème particulier : parmi les participants, la boîte de réception moyenne contenait 102 courriels non lus et 331 courriels lus. Et la raison la plus souvent invoquée par la cible de l’étude pour ne pas supprimer les courriels au travail était qu'ils pourraient s'avérer utiles, qu'ils contiendraient des renseignements dont ils ont besoin pour leur travail ou qu'ils pourraient servir de preuve que quelque chose a été fait.

Selon les chercheurs, toutes ces raisons sont parfaitement valables. Néanmoins, elles contribuent à l’accumulation de centaines de courriels qui ne sont probablement plus consultés.
Selon Neave, « Les gens sont très conscients qu'il s'agit d'un problème ». « Ils ont ce flot de courriels et ils n'osent pas s'en débarrasser et les choses s'accumulent. », a-t-il ajouté. Cependant, l’étude étant récente, Neave et ses collègues n’en savent pas assez pour juger de ce qui « normal » et ce qui ne l'est pas.

  • Evaluer son degrés de thésaurisation numérique ?

Darshana Sedera, professeur agrégé à l'Université Monash, a exploré le lien entre la thésaurisation numérique et le niveau de stress, en demandant à plusieurs personnes de faire l’expérience de penser à une époque plus ou moins lointaine afin de se souvenir d'un moment où ils avaient eu des difficultés à trouver un fichier numérique depuis leur téléphone ou leur ordinateur.
Le constat fut le suivant : presque tout le monde se souvenait d'un moment où ils avaient lutté  pour trouver quelque chose, ainsi que du niveau de stress élevé, alors ressenti.

 

Selon Sedera, le trouble de thésaurisation traditionnel peut compliquer la prise de décisions et faire surgir des problèmes émotionnels comme le deuil et l'anxiété. « Ce que nous avons découvert, c'est que dans l'espace numérique, à notre insu ou en connaissance de cause, nous sommes tous en train d'entrer dans cet état de stress. »


Selon le chercheur Neave, le sentiment de débordement qui résulte du niveau d'encombrement numérique est vécu de façon différente par chaque personne. « S'ils en arrivent au point où ils sont submergés par les données qu'ils ont, qu'ils ne peuvent pas trouver des choses, que des choses se perdent... ça peut indiquer qu'il y a un problème. »

Peggy DYEVRE 

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