Garder pourquoi ? Pour qui ?

LES SUPERS POUVOIRS DES OBJETS

 

Avez-vous lu l’article de la semaine dernière ? Si ce n’est pas le cas, je vous invite à le faire. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir l’impact positif du rangement, plus simplement ses bienfaits.

Pourquoi cette invitation ? La raison est très simple, l’article de cette semaine est dans la continuité, plus exactement un approfondissement du sujet. Nous allons aborder les causes et les conséquences qui aboutissent à une accumulation d’éléments, genèse de notre encombrement.

 

Pour commencer, il est essentiel de rappeler que le fait de ranger ne se résume pas à l’application d’une méthode ou d’un processus. Affirmation que je formule en qualité d’experte en rangement et en organisation. En effet, l’essentiel de mes accompagnements commence surtout par l’écoute et l’accueil de l’émotion des personnes qui souhaitent entamer un processus de rangement. Cette gestion des émotions est un vecteur déterminant qui maintiendra la motivation et garantira l’aboutissement positif de la mission.

J’avoue être toujours respectueuse, très touchée, mais aussi admirative de la confiance dont on m’honore me confiant plus ou moins clairement le panel des ressentis, selon les personnalités de mes interlocuteurs.

C’est la phase que nous pouvons qualifier de « lâcher-prise ». Vous vous sentez en confiance. Vous vous autorisez à exprimer vos émotions. Le rangement ne doit pas être ressenti comme une expression d’autorité basée sur le savoir, mais véritablement comme un vecteur de libération.

 

C’est donc sur vous que tout repose. La prise de conscience des raisons qui vous pousse à conserver : réflexes, choix, oublis (plus ou moins conscient). Pour le constater, il suffit d’observer autour de vous en ouvrant vos meubles, vos tiroirs, en allant dans vos garages et dans vos greniers. L’intégralité de vos intérieurs regorgent de souvenirs, de cadeaux, de reliques qui viennent alourdir vos espaces de vie. Cette accumulation est créatrice d’un intérieur personnalisé, parfois surchargé. Cela manque de cohérence, d’harmonie et d’un zeste de légèreté. C’est un boulet que vous vous êtes sciemment attaché. Vous êtes entravé, même si vous avez établi une sorte de limite imaginaire ou émis l’hypothèse que le tri sera fait un jour prochain (vaguement, enfin peut-être, si j’ai le temps…) Soyez sincères, c’est un pieux mensonge, afin de vous donner bonne conscience.

 

En résumé, l’accumulation des objets est générée parce qu’ils font partie de nous, qu’ils raisonnent avec notre histoire, nos désirs et nos frustrations. Ces objets sont comme des réceptacles à souvenirs, qui sont là pour nous rassurer. Ils représentent une période de vie, une personne spécifique qui a donné l’objet. Ils peuvent aussi être source d’angoisses, comme un poids.  C’est ce caractère précieux qui rend la séparation difficile.

 

Prenons un exemple, très simple :

Celui d’une carte postale reçue depuis longtemps. Elle n’est pas vraiment jolie et même assez banale, mais elle reste accrochée. Ses couleurs se sont atténuées. Vous vous dites souvent que vous devriez la jeter. Pourquoi n’arrivez-vous pas à le faire ? Vous vous accrochez à l’attention de la part de l’expéditeur que d’avoir pris le temps de vous écrire pendant ses vacances. Alors la carte reste…

 

Ne trouvez-vous pas que c’est un bel  exemple de freins émotionnel qui nous concerne tous ? Garder des objets, sans savoir vraiment pourquoi ? Ecouter et comprendre nos amalgames : si nous nous séparons de cet objet, nous nous séparons d’une partie de soi ?

 

Ne serions-nous pas des prisonniers de nos familles, de nos amis et de nos souvenirs ? Comment rompre se lien ?

Commencez par vous interrogez sur les raisons de cette accumulation d’objets. Les souvenirs ne sont pas les seuls liens, qui nous attachent aux objets. Il peut y avoir des motivations économiques, qu’il faut savoir réajuster dans son temps et des raisonnements entravés par une éducation ou un milieu socioculturel.

 

Là encore je me vais utiliser un exemple très simple : êtes-vous amateur de camping ? Vous m’accorderez que la plupart des équipements ont bénéficié d’améliorations techniques qui assurent performances, facilité d’utilisation et légèreté. De plus, le marché s’est démocratisé. Ce qui était hors de prix au « vieux campeur » est devenu produit de grande consommation dans certaines enseignes de sports et de loisirs.

 

Donc votre lien est-il affectif ? Vous avez l’impression que vous n’existez qu’au travers vos accumulations. Vous conservez en pensant aux autres ou sous prétexte qu’ils serviront un jour. Vous vous sentez obliger de conserver pour transmettre.

La source est-elle éducationnelle ? : «  on ne gâche pas », « on utilise jusqu’à usure complète ». Il existe aussi les objets que l’on n’a pas choisis. Ceux qui s’imposent à nous par l’héritage ou le don « forcé ». Vous faites plaisir, en oubliant de vous faire plaisir. Vous imposez sans vous intéressez au réel besoin de la personne. C’est encore plus difficile quand ce sont des meubles et vêtements hérités de parents défunts. Situation rencontrée lorsque la source de l’encombrement est essentiellement dû aux us et coutumes de certains milieux socioculturels.

Les réticences s’expriment souvent ainsi : “J’ai l’impression de mettre … à la poubelle”, surtout si l’on doit gérer seul le tri. Dans certains cas, l’objet est peut-être lié à un souvenir dramatique. Ils sont étouffants et plongent dans l’inertie la plus complète. On a mal, mais on a pas la force de se séparer de cet objet nuisible.

 

Pour sortir de cette « sacralisation » et reprendre la main sur un espace qui vous appartient, il faut commencer par faire le point sur vos objectifs, vos envies personnelles et familiales. Autrement dit, il faut passer par un recentrage de valeurs et de besoins. N’oubliez pas que cette étape est incontournable et qu’elle peut prendre du temps, car vous devez commencer par accueillir vos émotions ou l’impact de vos émotions sur votre corps.

 

L’accompagnement terminé, j’entends souvent “Je me sens complètement libérée, je n’ai gardé que ce que je voulais et je ne me sens plus enchaînée à quoi que ce soit. Je ne garde plus que les plus jolies cartes postales, dans une boîte.” Comme c’est étrange, le pouvoir des cartes postales ...

Peggy DYEVRE 

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